2 mai 2013

Un arbitre de touche suspendu à vie

Mais quelle mouche a bien donc pu piquer Musa Kadyrov, arbitre de touche de la rencontre entre Terek Grozny et Amkar Perm (2-1) ? Alors que le coup de sifflet final venait d'avoir lieu, l'homme en jaune a jeté son drapeau avant d'agresser Ilya Krichmar, défenseur d'Amkar, qui l'aurait insulté durant le match. Se faire justice soi-même, une bien mauvaise idée de la part de Musa Kadyrov, suspendu ce lundi à vie par la fédération russe de football.


Un arbitre de touche suspendu à vie après un... par evidenceprod

1 mai 2013

Foot : « La stigmatisation de l’arbitre fait vendre du papier »

Chaque week-end, ils sont critiqués par les acteurs de la Ligue 1 ou insultés sur les terrains amateurs. Quatre arbitres racontent leur passion et se défendent.




Zlatan Ibrahimovic face à Tony Chapron lors de PSG-Nice en avril 2013


Un arbitre de football n’a pas le droit à l’erreur. En fait, c’est même plus compliqué que ça : même quand sa décision est bonne, il y a toujours quelqu’un pour dire qu’il a tort. Ça fait partie du métier, alors il fait face. Seul. Au public, aux joueurs, aux dirigeants.

J’ai interrogé quatre arbitres :
  • Antony Gautier, 35 ans, arbitre international ;
  • Elodie Coppola, 29 ans, arbitre central en division d’honneur chez les hommes, en première division et arbitre international assistante chez les femmes ;
  • Nathanaël Pitel, 33 ans, arbitre en district, en France-Comté ;
  • Yann, 18 ans, arbitre dans les catégories de jeunes en Artois.
Au départ, il y a la passion du foot. Et ensuite, une vocation pour certains, un concours de circonstances, peut-être un choix par défaut, pour d’autres.

Antony Gautier :
« C’est quelque chose de l’ordre du viscéral, qui n’a rien d’un choix par défaut, motivé, comme cela a été le cas pour certains, par la frustration d’un niveau trop limité en matière de football. Je suis devenu arbitre à 15 ans, pour la passion que m’a très tôt inspiré la fonction. »
Antony Gautier lors de PSG-Marseille en octobre 2012 (Franck Fife/AFP)

   

Tous apprécient la possibilité d’avoir des responsabilités, d’évoluer entre les niveaux plus facilement qu’en étant joueur. Yann trouve que « jouer au foot, c’est sympa, mais si c’est pour évoluer au dernier niveau de district toute sa vie, ce n’est pas la peine. »

Nathanaël Pitel était joueur et arbitre en amateur, puis on lui a demandé de choisir et « ça s’est fait naturellement ».
Quant à Elodie Coppola, aussi loin qu’elle se souvienne, « le dimanche a toujours été un jour de football ». Quand elle a voulu s’y mettre, à 16 ans, les trajets étaient bien longs entre Douarnenez [Finistère] et les rares autres clubs féminins.
« J’ai choisi l’arbitrage pour pouvoir me rapprocher de ce sport. Courir, me défouler. Et ce qui était un compromis est devenu une véritable passion. J’ai gravi les échelons et je m’éclate. »
Malgré les obstacles.

1. Les critiques : « Un argument pour masquer leurs propres lacunes »


Les arbitres français traînent la réputation d’être mauvais. Depuis 2001, aucun d’entre eux n’a arbitré de finale européenne. Aux JO de 2012, ils n’étaient même pas représentés. En Ligue 1, ils sont mis en cause toutes les semaines.
A l’automne dernier, le directeur sportif du PSG, Leonardo les avait dézingués après le match nul de son équipe à Montpellier (1-1) et l’expulsion du défenseur parisien, Mamadou Sakho, qui a fait débat :
« Les arbitres ne sont pas professionnels. »


Après le match Saint-Etienne-PSG (2-2) en mars dernier, Antony Gautier avait été sévèrement critiqué pour un penalty accordé au PSG et pour une faute oubliée sur le but stéphanois. Depuis, il a fait son mea culpa. Il « revendique le droit à l’erreur pour tous ».
« Quand un entraîneur fait un mauvais choix tactique ou qu’un joueur manque un penalty décisif, un arbitre ne va pas s’exprimer dessus.
Il faut être lucide : nous sommes des êtres humains. Souvent, après un match, quand des présidents, des entraîneurs ou des joueurs critiquent un arbitre, c’est parce que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu pour eux. C’est un argument pour masquer leurs lacunes. »
Antony Gautier ne pense pas que les comportements du foot professionnel influencent celui d’en bas, même s’il reconnaît le statut de « vitrine ».
Pour Nathanël Pitel en revanche, le lien est évident :
« Il n’est pas rare, lorsqu’on essaye de faire respecter certains points de règlement le dimanche après-midi que des joueurs me disent : “Regarde, eux ils le font en Ligue 1.”
Yann parle avec l’enthousiasme des nouveaux et juge que “la contestation et l’erreur font partie du métier”. Il relativise en se disant que sa décision fera toujours un déçu, puisqu’il y a deux camps, et glisse un tacle :
“Les joueurs font beaucoup plus d’erreurs, de surcroît sur des choses travaillées à l’entraînement.
On a par exemple critiqué l’expulsion de Rod Fanni lors de PSG-Marseille [le 31 octobre dernier]. Or, l’arbitre n’a fait qu’appliquer le règlement et c’est ce qu’on lui demande.”


2. Les médias : “La stigmatisation de l’arbitre permet de faire de l’audience”


C’est surtout l’impact des médias sur le public qui gêne les arbitres. Tous dénoncent les images montrées en boucle, au ralenti, sous tous les angles, qui, parfois, ne permettent même pas de trancher sur un plateau télévisé.

Elodie Coppola :
“A la mi-temps, il serait par exemple intéressant de passer trois images au public dans les conditions de l’arbitre. Et ensuite de voir qui a raison et qui a tort. Il y aurait des surprises.”
Les arbitres français sont accusés de vivre en vase clos et d’être arrogants. Certains consultants ont fait du dézingage d’arbitre une marque de fabrique. Antony Gautier y voit du marketing éditorial :
“Dans les médias, la stigmatisation de l’arbitre permet de faire de l’audience ou de vendre du papier. De faire du buzz, même quand nous faisons seulement appliquer le règlement et que les choses sont claires.”
“Nous sommes des personnes assez investies pour reconnaître nos erreurs”, juge l’arbitre professionnel. Après ses matches de première division féminine, Elodie Coppola les regarde en vidéo, pour progresser.

Et protéger. Elodie Coppola :
“Si l’on prend le match France-Espagne, les réactions des commentateurs suite à l’exclusion de Pogba étaient injustifiées. Ses deux fautes méritaient un jaune, puis un rouge.”
Est-ce qu’il faut attendre qu’un joueur soit blessé pour sanctionner ? Le but est de protéger l’intégrité physique. »


3. La violence : « Ca n’empêche pas les belles histoires »

La violence est souvent verbale. Des injures. Des menaces, du genre « on t’attend à la sortie ». Parfois, c’est pire : début avril, Nathanaël Pitel a été roué de coups sur un terrain. Un match de district, sans enjeu, où le plaisir est censé prévaloir, mais qui opposait des équipes réputées à problèmes.

Des joueurs se chauffent. Il intervient. Il est étranglé, mis à terre et frappé à la pommette. Il fait une crise d’épilepsie :
« On m’avait déjà agressé en 2010. On m’avait bousculé et attrapé à la gorge. C’était la journée du fair-play. »
Il a reçu le soutien de tout le monde. Une lettre de la FFF. Ça lui donne envie de continuer. « Et puis, les trois-quarts du temps, faut dire que ça se passe bien. »

Tout de même, la tension est palpable certains après-midis. Certains de ses collègues évitent de mettre des cartons le dimanche, par peur que ça dégénère.

En amateur, l’arbitre central est le seul officiel : ses assistants sont bénévoles. Et s’il refuse d’aller diriger un match qu’il sait tendu, il sera sanctionné.

Nathanaël recroise parfois des joueurs avec qui il a eu des « mots » :
« Un jour, un joueur m’a insulté, menacé. Il a pris six matches de suspension. Quand je le vois, c’est le premier à qui je dis bonjour.
Je trouve le contexte plus violent qu’avant, mais ça n’empêche pas les belles histoires et saluer le bon boulot des clubs dans leur majorité. Je vois par exemple des entraîneurs ne pas hésiter à sortir un joueur trop excité, avant même que j’intervienne. »
Le rôle des éducateurs revient forcément. Ce sont parfois eux qui jettent de l’huile sur le feu. Tous n’ont pas forcément les bases du métier ni l’esprit du jeu. 

 
Nicolas Rainville face aux joueurs de Saint-Etienne à Nancy en mai 2012 (Jean-Christophe Verhaegen/AFP)

Dans le foot féminin, « les valeurs sont plus saines », certifie Elodie Coppola. Et quand elle arbitre des hommes, le fait d’être une femme la protège :
« Une fois, j’ai vu un joueur sprinter vers moi et je me suis demandé où est ce qu’il allait s’arrêter. Mais ça n’est jamais allé plus loin. »
Elle remarque toutefois que les matches dans les divisions les plus basses sont plus saccadés. Le temps de jeu effectif est plus faible, donc les joueurs ont donc plus le temps de s’exprimer.
Chez les jeunes, Yann n’a eu qu’un seul souci en deux ans. Il entend parfois « certaines choses » venues des tribunes, mais ne s’en formalise pas.
Tous disent que plus de communication permettrait de changer les choses. Sur les arbitres « cow-boys », que les joueurs accusent d’allumer les mèches, ils esquivent la question ou restent flous. Antony Gautier :
« Les choses se passent forcément mieux dès lors qu’il y a de l’échange. Néanmoins, pour cela, il faut être deux et être prêt à écouter les arguments de l’autre. Parfois, les joueurs ne viennent pas pour discuter, mais pour directement contester une décision. »

4. La vidéo : « L’erreur fait partie du jeu »


En décembre dernier, lors de la Coupe du monde des clubs, la vidéo a été utilisée sur la ligne de but, pour savoir si le ballon la passait ou non. Le dispositif sera reconduit au Mondial 2014.
Pour l’instant, les instances ne vont pas plus loin, et ça convient tout à fait à Antony Gautier, qui défend la dimension humaine du football :
« Je ne suis pas pour la robotisation de l’arbitrage. Mais c’est ma dimension humaniste. L’arbitrage à cinq, par exemple, est un succès. La vidéo ne permettra pas de résoudre tous les conflits.
Cette idée est fausse. De nombreuses décisions, sur des points de réglement complexes, ne peuvent être prises qu’après une interprétation humaine, en l’occurrence celle de l’arbitre. L’erreur fait partie du jeu. »
Elodie Coppola est moins catégorique :
« La vidéo sur la ligne, oui. Mais l’utilisation des images de manière généralisée poserait un problème de temps. On se rend compte, déjà, que même avec plusieurs ralentis sur une action, le débat persiste.
L’image est aléatoire. Il y a les cadrages, la manière dont on la prend. Et ça n’aide pas forcément à prendre des décisions. »




Source : rue89.com

24 avril 2013

Nordine Chantir : "L'arbitre touche-à-tout"


Vesoul. Ce n’est certainement pas l’ennui qui risque de toucher Nordine Chantir. À 38 ans, ce chef d’équipe, marié, père de trois enfants et en plein dans les travaux de construction de sa maison, s’épanouit surtout dans le domaine du sport. Suivez simplement le guide. « J’ai joué au foot en DH avec quelques apparitions en CFA2, j'ai participé à six championnats de France d’escalade et à travers mon séjour d’un an et demi au CREPS de Chalain, j’ai décroché l’initiateur canoëkayak, VTT, le titre de surveillant de baignade et celui du Brevet d’État escalade obtenu à Chamonix. Petit regret, avec une note de 9,80, je ne passe pas très loin du BE football ». Plutôt éclectique, non ? Et c’est d’ailleurs sur un banc de touche avec l’étiquette d’entraîneur de foot que Nordine Chantir souhaite rendre au sport ce qu’il lui a apporté. Sa plus grande passion reste pourtant encore à découvrir : l’arbitrage. Et même plutôt deux fois qu’une. « Avec Rachid Della, j’ai commencé l’arbitrage handball à l’âge de 15 ans. Nous entamons notre 23e saison dont les dernières en N3. En raison des déplacements lointains, nous avons demandé une mise à disposition en Prénationale. En fin de carrière du côté de Béthoncourt, une rencontre fortuite avec Stéphane Moulin m’a également donné l’envie de diriger des rencontres de foot. Je suis actuellement en LR2 », rappelle Nordine Chantir. Il garde surtout en mémoire cette partie amicale de handball entre la Russie et l’ESB à Luxeuil. « Le célèbre sélectionneur russe de hand m’a impressionné. Tout était cadré, les filles ne bronchaient pas », ajoute-t-il avec une préférence pour le petit ballon rond, « où le respect des décisions pose moins de soucis ».

Source : L'Est Républicain

23 avril 2013

Rencontre avec "La P'tite Flo"

 

Voilà quinze ans qu’elle arpente, avec son sifflet, ses cartons et son autorité, les terrains de football en Franche-Comté… et bien au-delà. 

Rencontre avec l’arbitre bisontine Florence Guillemin.


À la voir évoluer, fluette, coquette, dans son charmant petit appartement bisontin, on a franchement du mal à l’imaginer lâchée au milieu de vingt-deux footballeurs gavés de testostérone. Avec, qui plus est, la délicate mission de les diriger. C’est pourtant le tour de force que réussit naturellement Florence Guillemin chaque week-end, et ce depuis déjà quinze ans. Arbitre régionale, fédérale, puis internationale FIFA depuis 2006, la jeune femme, prof d’anglais dans un collège de Roulans la semaine, a réussi à se faire une place de choix au soleil de l’arbitrage. Le tout grâce à un caractère bien trempé, et une sincère passion pour le ballon rond.


Florence, avez-vous joué au football avant de devenir arbitre ?
Non, non, mais personne ne le sait ou presque (rires). Enfin, maintenant, si ! En fait, je suis arrivée dans le foot par hasard. Je faisais partie de l’ES Naisey, et en 1997, ils avaient besoin d’un arbitre. Avant, j’étais supportrice de ce club où il y avait mon oncle, mes cousins, et ils m’ont un peu chambrée en disant que je n’avais pas le caractère pour devenir arbitre, etc. Or, ils savaient très bien qu’ils avaient trouvé la corde sensible, car le caractère, je l’avais ! J’ai donc potassé le bouquin des règles du jeu pendant une année, je pensais qu’il fallait le savoir par cœur ! Alors, quand je suis arrivée à l’examen, ils ont pensé que j’étais dingue, parce que je savais tout en détail…
Et vous commencez donc à diriger vos premiers matches à seulement 17 ans…
Oui, et ça a été dur les deux premières années, lors des matches de 13 ans et 15 ans. Il faut tout maîtriser, savoir se placer… et se faire engueuler tous les dimanches ! Ce sont surtout les parents et les entraîneurs d’ailleurs. C’est dur à encaisser, mais sur le terrain, je ne laissais rien transparaître. C’est un très bon test pour se forger le caractère. Par contre, j’avoue que quand je rentrais, j’étais parfois dégoûtée. Je me disais que j’avais raté ça, et ça, et ça…
Vous parlez de caractère. C’est indispensable pour être arbitre ?
Oui, bien sûr. Subir des critiques pendant 90 minutes de la part des joueurs, de l’entourage… si on n’a pas le caractère, on arrête.
Voilà quinze ans que vous le vivez. Est-ce que maintenant, vous arrivez justement à faire abstraction de toutes ces critiques ?
Quand on est arbitre centrale, on n’entend pas spécialement ce qui se dit. Les supporters, on les entend de loin, c’est un bruit de fond quand on est concentré dans son match. Donc, oui, ça me passe assez loin tout ça maintenant. Il y a juste parfois les critiques des entraîneurs dans la presse. Parfois, on s’en prend plein la tête, et on n’a jamais de droit de réponse. On pourrait, mais on ne le fait pas. Je trouve ça assez injuste. On a toujours tort d’après eux, ils peuvent nous insulter par presse interposée, et nous, par notre fonction, on doit rester stoïques. Et puis, si les entraîneurs étaient honnêtes, ils reconnaîtraient qu’eux non plus ne prennent pas toujours les bonnes décisions sur le terrain.
Être une femme qui arbitre des garçons, c’est, finalement, un avantage ou un inconvénient ?
Ca dépend des jours… Souvent, ils n’osent pas dire ce qu’ils pensent quand c’est négatif. Il peut y avoir plus de complicité avec les garçons quand ça se passe bien, un peu de retenue aussi.
Quel est votre meilleur souvenir d’arbitrage ?
Ah, je pense à une rencontre qui s’est déroulée l’an dernier à Middlesbrough, un match amical entre la Grande-Bretagne et la Suède juste avant les Jeux Olympiques. J’ai vécu deux ans dans le Nord de l’Angleterre, et j’avais un abonnement à l’année dans ce club de Middlesbrough de 2001 à 2003. J’ai vu des super matches là-bas. Et y retourner comme ça, en tant qu’arbitre centrale, c’était génial ! J’étais allée tellement de fois dans ce stade… Et là, il y avait 10 000 spectateurs. Ce soir-là, je me suis dit que la boucle était presque bouclée, que la retraite allait bientôt sonner.
Sérieusement ?
Oui, j’y pense. Je n’ai pas non plus spécialement envie d’arbitrer jusqu’à 50 ans…
Car vous avez certainement vécu aussi quelques galères. Quel est d’ailleurs votre plus mauvais souvenir ?
Facile… J’ai eu la chance, ou la malchance, d’être appelée du jour au lendemain pour dépanner lors d’une Coupe du Monde U20 en Allemagne, car des filles avaient raté leurs tests. Je suis donc partie vite fait, et la veille d’un match, suite à une blessure, on m’a demandé d’arbitrer Ghana - Suisse. Mon pire souvenir… Il y a un carton rouge qu’on n’a pas vu, une sorte de coup de coude bien dissimulé qui se détectait sur les images, mais qu’on n’a pas capté. Ça arrive. Or, la joueuse victime a mis vingt minutes à sortir du terrain, avec les cervicales touchées. Alors, quand tu n’as pas vu la faute, que tu ne sais pas pourquoi la fille est dans cet état pendant vingt minutes, tu prends un peu le bouillon. Ce jour-là, l’entraîneur suisse a pété un câble, et j’étais à la limite de prendre une claque, vraiment. Il était tellement énervé que j’ai dû l’exclure, et ça a été à deux doigts de mal se finir pour moi. Ça m’a bien calmé. En plus, ensuite, il y a débriefing du match avec l’UEFA devant 40 personnes, c’était ma fête. Que tu sois appelée in extremis avant de partir en vacances et que tu remplaces au pied levé une collègue ne sont en aucun cas des circonstances atténuantes…
Votre maîtrise parfaite de l’anglais constitue un vrai atout pour vous. Mais quel souvenir conservez-vous de ces années passées à vivre en Angleterre ?
Un très bon souvenir. J’y serais même restée si j’avais pu faire le métier que je voulais. Le souci là-bas, c’est qu’un professeur doit enseigner deux matières. J’avais le français, j’aurais pu l’allemand aussi… mais ce n’était pas possible. C’était trop compliqué pour que je me remette à niveau et que j’arrive à l’enseigner de manière correcte. Sinon, ce qui m’a plu en Angleterre, c’est la mentalité des gens. Ils travaillent beaucoup plus qu’en France, mais ne se plaignent jamais. Et arrivé le vendredi à 18 h, ils posent leurs affaires, vont boire un coup dans un pub avec leurs potes et passent à autre chose. Ils ne sont jamais en grève, ça aussi c’est appréciable. Je me suis rendue compte que la vie était beaucoup plus détendue là-bas. Et puis, le foot, il n’y a rien à voir. Par exemple, quand j’allais au Riverside Stadium à Middlesbrough (club équivalent à Sochaux qui évoluait en Premier League en 2003), le stade était toujours plein, les supporters encourageaient leurs joueurs quel que soit le score, du début à la fin. Je suis presque devenue supportrice de ce club ! Maintenant, je retourne en Angleterre… avec mes élèves !
Pour en revenir au football, est-ce qu’il y a parfois des joueurs qui essaient de vous draguer ?
(Rires) Non, non. On blague sur certains trucs, mais dans l’ensemble ça se passe bien. Ils sont là pour jouer leur match, et l’arbitre, j’ai l’impression qu’ils se moquent un peu que ce soit un homme ou une femme.
Et donc, vous pensez arrêter sous peu. Vous avez une date en tête ?
Oui, mais je ne veux pas la dire (rires). Je pense que c’est compliqué quand on est une femme. Avec Michel Vautrot, on parle souvent de la vie en général. En fidèle ami, il m’a toujours dit «préoccupation n°1 la famille, ensuite le travail et après l’arbitrage». Lui qui a dévoué sa vie entière à l’arbitrage se rend bien compte qu’on est vite oublié dans son pays. Et il m’a dit un jour : « Tu sais quand je serai vieux, qui viendra me voir quand je serai à l’hospice? Qui se souviendra de moi dans dix ans ? Déjà aujourd’hui… ». Et en fait, il a raison. L’arbitrage c’est une passion, un bonus, mais la réussite de sa vie affective et familiale est ce qui compte le plus. Il me dit que le jour où j’ai envie de faire des enfants, je ne dois même pas me poser la question. L’arbitrage, c’est un engrenage : quand on atteint un niveau correct, techniquement, c’est toujours possible d’aller plus haut. Mais à un moment donné, c’est compliqué de tout faire : un métier à plein temps, l’arbitrage avec les entraînements et les matches qui se jouent parfois à 500 kilomètres ou à l’étranger… On ne peut pas tout faire, et je ne suis pas une « superwoman ». Alors, il y a des choix à faire. Quand j’aurai des enfants, je ne suis pas certaine d’être capable de laisser la poussette le week-end et d’aller arbitrer l’esprit tranquille. Alors, le meilleur moment pour stopper, c’est quand on n’est pas encore sur le déclin… et surtout qu’on l’a décidé soi-même.

Source : Le Pays, Photo : Sébastien Daucourt

Témoignage de Nathanael Pitel, arbitre agressé à Fesches Le Chatel

 

Toujours très choqué par l’agression dont il a été victime à Fesches-le-Châtel, Nathanaël Pitel a bien voulu raconter en détail ces terribles événements. Et son dégoût, de plus en plus profond, envers ces joueurs qui salissent l’image du football.


Son regard, teinté de tristesse et d’une froide détermination, ne laisse planer aucun doute : le traumatisme qu’il a subi est profond. Agressé dimanche après-midi par deux joueurs de la réserve de Fesches-le-Châtel (voir notre édition d’hier), Nathanaël Pitel, étranglé puis frappé à la pommette alors qu’il se trouvait au sol, aura bien du mal à tourner la page de cette sombre journée. Rentré de l’hôpital dimanche en cours de soirée avec une ITT de trois jours, cet arbitre de 33 ans, qui réside à Montbéliard, a passé sa journée entre la gendarmerie, où il devait déposer plainte, et le district Belfort-Montbéliard, où il a reçu un soutien sans faille en fin d’après-midi. Au milieu de cet emploi du temps dont il se serait bien passé, Nathanaël Pitel a tout de même bien voulu répondre à nos questions. Et raconter des événements qui font véritablement froid dans le dos. 

Nathanaël, une première question toute simple : comment allez-vous ? 

J’ai quitté l’hôpital de Montbéliard à 21 h dimanche soir, ils ont regardé ma pommette qui, heureusement, n’est pas cassée, avant de me donner trois jours d’ITT (Interruption Temporaire de Travail). Mais je suis surtout très choqué, démoralisé. C’est simple, je pleure pratiquement tout le temps depuis dimanche. 

Pour en revenir au match, avez-vous senti la tension monter avant votre agression aux alentours de la 70e minute ? 

Oui, c’était un match tendu. Déjà dans les vestiaires avant le coup d’envoi, j’ai senti que les deux capitaines se chauffaient (NDLR : le premier match entre les deux équipes s’était déroulé six jours plus tôt dans une ambiance tendue)

Et puis arrive ce fait de jeu, assez banal, mais qui aura des conséquences terribles… 

En effet, c’est parti d’un choc anodin entre deux joueurs. Il n’y avait franchement pas mort d’homme. Le gars du BRCL (l’équipe adverse) était par terre, et alors qu’il allait se relever, un joueur feschois a dit à l’un de ses coéquipiers : « Vas-y, nique-le ». J’ai alors appelé ce joueur pour lui mettre un rouge, mais je n’ai même pas eu le temps car le N°2, qui n’avait rien à voir, est venu s’en mêler. Je lui ai répliqué que ce n’est pas lui que je voulais voir. Il m’a répondu : « Si, tu ne parles qu’à moi ». 

Et les coups sont arrivés dans la foulée ? 

Il m’a d’abord poussé un peu en mettant ses deux mains sur ma poitrine, et là je lui mets directement un carton rouge. Et tout de suite, il a commencé à m’étrangler. J’ai senti ma respiration se bloquer, ça a duré environ dix secondes, et ensuite il m’a foutu par terre. Je me suis alors recroquevillé sur moi-même, et là, un autre joueur m’a donné un coup de poing sur la pommette. C’est là que j’ai commencé à faire une crise d’épilepsie, j’y suis sujet. 

Ensuite, de quoi vous souvenez-vous ?

 Pas grand-chose. Quand je fais une crise, ça occasionne un trou de mémoire, puis une très grosse fatigue. Apparemment, j’ai perdu connaissance pendant une minute, des joueurs et des délégués m’ont pris en charge, et quand j’ai repris mes esprits, j’étais allongé dans les vestiaires. Les pompiers sont arrivés, puis j’ai dû attendre les gendarmes avant d’être transféré à l’hôpital.

Une telle agression doit vous donner envie de stopper toute activité d’arbitrage, non ? 

Si on me demande aujourd’hui, oui, j’arrête ! Mais je préfère réfléchir à tête reposée avant de prendre une telle décision.Deux agressions comme celle-là, ça fait un peu beaucoup 

Est-ce la première fois de votre carrière que vous êtes victime de tels actes ? 

Non, malheureusement, il y a eu une première agression, je crois que c’était en novembre 2010 lors d’un match entre Dampierre et les SR Belfort. Un joueur m’avait attrapé à la gorge, puis le gardien m’avait bousculé. Ce jour-là, c’était la journée du fair-play… Et deux agressions comme celles-là, ça fait un peu beaucoup. 

Comment ont réagi votre famille et votre entourage ? 

Mes parents sont en Normandie, et mon frère est à Grand-Charmont. Il me dit de passer si j’en ai besoin, bien sûr. J’ai aussi beaucoup d’amis, et heureusement qu’ils sont là, tout comme les autres arbitres, les gens du district qui me demandent des nouvelles. Ça me fait chaud au cœur, et c’est aussi pour ça que j’attends avant de prendre une décision concernant ma fonction d’arbitre. 

Pour terminer, qu’avez-vous envie de dire après ce triste épisode ? 

Que dans le foot, il n’y a vraiment plus aucun respect. Pour rien.

Source : Le Pays, photo : Lionel Vadam

16 juillet 2012

Les Fédéraux Francs-Comtois en stage à Clairefontaine

Du 13 au 15 Juillet, nos fédéraux Francs-Comtois étaient réunis au Centre Technique National à Clairefontaine : au programme, tests physiques et consignes de début de saison.

Au fond  : CAFFE PIERSON Joachim, MERCIER Alexandre, BROBECK Pierre-Marie, COUTET Thomas
 Devant : MOULIN Stéphane, GUILLEMIN Florence, HUSADZIC Sanel, ABDELHAOUI Akim, TRIBOULET Aurélien et MOUGEOT Emilie