7 mai 2013

Michel Vautrot : « Ne pas faire des arbitres des robots, mais leur redonner de l’humain. »

Un ancien joueur pro devenu correspondant sportif d’une radio nationale a dit un jour au sujet des arbitres : « Ils n’aiment pas le football, ils ne le ressentent pas. Ils sont trop rigides dans l’application des règlements et sont très souvent jaloux des joueurs. C’est devenu un gros problème dans les championnats. Entre joueurs et arbitres, il y a deux états d’esprit qui ne s’emboîtent pas. Un arbitre qui n’a jamais joué ne saura jamais ce qu’est un tacle. Ils ne font pas partie de la famille quoi qu’on en dise ». Que répondez-vous à ce genre de propos ?

Michel Vautrot (5 matches de Coupe du Monde, 5 finales
de Coupe de France, finale de l’Euro 1988, instructeur à
la FIFA) continue de prêcher la bonne parole
Je n’aime pas ces formules à l’emporte-pièce qui font croire à des généralités. Comment peut-il dire que les arbitres n’aimenpas le football ? Il a été bien content de les avoir pour lui servir la soupe quand il jouait. Et tous les sacrifices qu’ils font (surtout au début de leur carrière) c’est parce qu’ils n’aiment pas le foot ? Sans orgueil déplacé, je n’ai jamais joué au foot et je n’ai jamais eu la prétention d’être le meilleur mais j’ai eu une plus grande carrière que lui. Nous avons eu un ancien pro devenu arbitre, il a bénéficié d’une formation rapide pour atteindre le haut niveau mais il n’a pas percé dans la fonction et il a arrêté... De la part de correspondant sportif, c’est gratuit et méchant de dire cela car on pourrait aussi répondre que malgré des salaires élevés certains joueurs très renommés mettent le pénalty largement en dehors du cadre… Ou ratent des buts tout faits .... C’est ce qui fait le charme du jeu qui appelle l’erreur par définition. Je rêve d’un jour où l’on comprendra que l’arbitre est le complice du joueur et du jeu, pas l’emmerdeur de service....

Quels sont les changements significatifs que vous avez observés depuis les années 70-80, en dehors des Lois ?
 
Le plus grand changement s’est produit à mes yeux après la « révolution » de mai 68 où plus personne ne voulait d’autorité. C’est ainsi que l’autorité « sacrée » des maires, des instituteurs et des curés a été bafouée. Et ce fut le cas également pour l’arbitre. Je pense aussi que la couleur noire des tenues était plus représentative de l’autorité, de la justice, du juge neutre. En ce qui concerne le football de l’élite, il est clair que les équipes et les arbitres sont mieux préparés physiquement, que le jeu (et les joueurs) va plus vite. Sur ce point, c’est le jour et la nuit si on compare hier à aujourd’hui. Par ailleurs, l’exposition médiatique a explosé et la télévision est plus souvent à charge contre les arbitres avec la multiplication des caméras autour des terrains.
 
Pourquoi ne pas avoir recours officiellement à la vidéo, les clubs comme la plupart des arbitres sont pour ?
 
C’est un débat sans fin et un serpent de mer qui revient après chaque erreur ou pseudo erreur des arbitres. Bizarre on n’en parle jamais quand les joueurs ratent des gestes qui paraissent immanquables ! Avez-vous remarquez que la plupart des anciens grands joueurs ne sont pas pour ? Il faudrait des
pages entières pour développer ce sujet avec des exemples pouvant aller dans un sens ou l’autre. Je dis souvent que j’ai un avis “caméléon” : je me lève le matin en étant philosophiquement contre ; en rencontrant dans la journée des gens aux avis divergents, j’ai un doute ; le soir en suivant un match avec une grossière erreur je me dis que .... Je vais me coucher et le lendemain matin je suis de nouveau contre car dans tout bilan il faut faire l’actif et le passif et tirer les conclusions. Le football est une activité humaine qui ne se joue pas à la playstation et il y a tellement de différences d’appréciation que même la solution vidéo, à part les erreurs logistique nettes, n’apporterait pas de réponse mais de nouvelles discussions sans fin. Et ne comparez pas avec le rugby où l’éducation est différente ce qui n’empêche pourtant pas de nombreuses critiques dans le Top 14....J’imagine les réactions de ceux qui vont me lire, mais je reconnais que c’est trop réducteur d’en parler en quelques lignes.

Que faudrait-il faire pour changer l’image de marque de l’arbitre et l’aider dans sa fonction ?
 
Il ne faut pas faire des arbitres des robots, mais leur redonner de l’humain. Le commentaire des images ne devrait pas ajouter à la charge de ces dernières, mais expliquer pourquoi l’arbitre n’a pas vu ou pas sifflé. Et puis, tous les dérapages verbaux et physiques devraient être sanctionnés sans faiblesse par les instances du football. Enfin, l’arbitrage à 5 prôné par Michel Platini en Champions League et en Coupe de la Ligue pourrait être utilisé en Ligue 1 et Ligue 2, ça apporterait deux paires d’yeux supplémentaires…

Et pour attirer les jeunes à l’arbitrage ?
 
Si les solutions miracles existaient, nos valeureux anciens les auraient trouvées depuis longtemps. Et s’il suffisait de se rendre à la grotte de Lourdes.... Je regrette mais je constate que seul le statut très contraignant pour les clubs des obligations d’arbitrage permet le recrutement, malheureusement par défaut, et la stabilisation de nos effectifs. Pourtant l’arbitrage est une fantastique école de la vie et je répète souvent que ce que je n’ai pas appris dans les livres c’est l’arbitrage qui me l’a offert. Rendre la justice sportive est quelque chose de motivant en permettant la pratique d’un sport (l’arbitrage en est un) car si nous n’avons pas le même maillot que les joueurs nous avons la même passion qui nous conduit à une hygiène de vie bénéfique dans notre vie d’homme (ou de femme puisque la corporation est ouverte aux deux sexes).

Que pensez-vous du système consistant à former les candidats à l’arbitrage en trois jours, tout en sachant qu’ensuite ils seront suivis sur le terrain ?
 
C’est mieux que rien ! Mais un candidat doit déjà avoir au préalable consulté les règles et il ne faut pas oublier qu’il progressera avec l’expérience. J’ai toujours dit que j’avais progressé dans mon arbitrage bien après mon titre d’international.... Et le candidat va vite se rendre compte qu’il y a une différence énorme entre la théorie et la pratique. Je forme le voeu que ses formateurs lui apprennent la loi 18 non écrite, celle du bon sens au service du jeu et des joueurs. Et qu’ils lui disent que le football n’a pas été inventé pour les arbitres mais qu’il ne peut pas se jouer sans lui...
 

FOOT 10 MAG N° 87 – Mai 2013 – Page 5

6 mai 2013

LOTO AFAF DOUBS SUD à Saint-Vit le 5 Mai 2013


Environ 200 personnes ont participé au loto organisé par l'Amicale du DOUBS SUD ce Dimanche 5 Mai à la salle des fêtes de St Vit .

Dans une bonne ambiance, les amateurs et les accros de ce jeu ont pu passer une agréable après-midi.
Le gagnant du bon de 500€ est Monsieur SIMON Philippe de Besançon et pour le bon de 200€ Madame PEUGEOT de Liesle .



 


Mr Simon, Mme Peugeot, Michel Vautrot, Mr Champion, Antoine Valnet




2 places pour la finale de la coupe de France au stade de France le 31 mai prochain ( merci Stéphane!)  ont également été gagnées par Madame GOUNAND de Rozet Fluans .



Merci aux anciens et jeunes arbitres de l'amicale qui par leur dévouement durant ce week-end ont facilité l'organisation de cette manifestation.


L'après-midi a été également marquée par la visite de notre président d'Honneur, Michel VAUTROT, et le nouveau président de la section régionale, notre ami Eric GIRARDIN.
 

2 mai 2013

Grand Loto de l'AFAF Doubs Sud ce dimanche







Dimanche 5 Mai 2013 se tiendra à Saint-Vit le grand LOTO organisé par L'AFAF Doubs Sud !

De nombreux lots et bons d'achat sont à gagner !

Soyez nombreux à venir jouer ou nous rendre visite !

Lylia prend le sifflet

A 17 ans, Lylia Mellal a choisi de relever un vrai défi. Elle qui avait l'habitude de fréquenter les coulisses des terrains de foot en spectatrice, ne se jugeant « pas suffisamment douée » pour taper dans le ballon, a décidé de devenir arbitre.
Pour cela, elle a été carrément solliciter le président de son club, l'AS Velotte : «J'étais vraiment motivée pour aller au bout de cette démarche, exercer une fonction avec une certaine autorité pour me faire respecter. Et puis, cela me permet aussi de récupérer un peu d'argent de poche…».

Après sa formation effectuée en août, les grands débuts ont eu lieu début novembre. Avec une pointe d'angoisse malgré tout : «Je dirige des matches U15 en district Doubs Sud-Haut Doubs. Je reste encore stressée au moment de donner le coup d'envoi, même si tout s'est bien déroulé jusque là. Du reste, je n'ai encore sifflé aucun penalty ni distribué le moindre carton jaune ! ».

Elle qui n'a pour l'instant arbitré que des garçons aimerait se retrouver aux commandes d'une rencontre féminine «pour voir si cela change quelque chose».

Dans l'immédiat, elle se prépare à un rôle d'arbitre assistante sur une rencontre interligues U15 : «Ce sera un match où jouera le BRC, avec forcément une autre forme d'appréhension».

Mais la demoiselle sait ce qu'elle veut. Et n'exclut pas de marcher un jour sur les traces de Florence Guyot, Florence Guillemin ou Emilie Mougeot : «Arbitrer un jour en DH masculine, pourquoi pas ? Je vais essayer d'aller le plus haut possible…».

Un arbitre de touche suspendu à vie

Mais quelle mouche a bien donc pu piquer Musa Kadyrov, arbitre de touche de la rencontre entre Terek Grozny et Amkar Perm (2-1) ? Alors que le coup de sifflet final venait d'avoir lieu, l'homme en jaune a jeté son drapeau avant d'agresser Ilya Krichmar, défenseur d'Amkar, qui l'aurait insulté durant le match. Se faire justice soi-même, une bien mauvaise idée de la part de Musa Kadyrov, suspendu ce lundi à vie par la fédération russe de football.


Un arbitre de touche suspendu à vie après un... par evidenceprod

1 mai 2013

Foot : « La stigmatisation de l’arbitre fait vendre du papier »

Chaque week-end, ils sont critiqués par les acteurs de la Ligue 1 ou insultés sur les terrains amateurs. Quatre arbitres racontent leur passion et se défendent.




Zlatan Ibrahimovic face à Tony Chapron lors de PSG-Nice en avril 2013


Un arbitre de football n’a pas le droit à l’erreur. En fait, c’est même plus compliqué que ça : même quand sa décision est bonne, il y a toujours quelqu’un pour dire qu’il a tort. Ça fait partie du métier, alors il fait face. Seul. Au public, aux joueurs, aux dirigeants.

J’ai interrogé quatre arbitres :
  • Antony Gautier, 35 ans, arbitre international ;
  • Elodie Coppola, 29 ans, arbitre central en division d’honneur chez les hommes, en première division et arbitre international assistante chez les femmes ;
  • Nathanaël Pitel, 33 ans, arbitre en district, en France-Comté ;
  • Yann, 18 ans, arbitre dans les catégories de jeunes en Artois.
Au départ, il y a la passion du foot. Et ensuite, une vocation pour certains, un concours de circonstances, peut-être un choix par défaut, pour d’autres.

Antony Gautier :
« C’est quelque chose de l’ordre du viscéral, qui n’a rien d’un choix par défaut, motivé, comme cela a été le cas pour certains, par la frustration d’un niveau trop limité en matière de football. Je suis devenu arbitre à 15 ans, pour la passion que m’a très tôt inspiré la fonction. »
Antony Gautier lors de PSG-Marseille en octobre 2012 (Franck Fife/AFP)

   

Tous apprécient la possibilité d’avoir des responsabilités, d’évoluer entre les niveaux plus facilement qu’en étant joueur. Yann trouve que « jouer au foot, c’est sympa, mais si c’est pour évoluer au dernier niveau de district toute sa vie, ce n’est pas la peine. »

Nathanaël Pitel était joueur et arbitre en amateur, puis on lui a demandé de choisir et « ça s’est fait naturellement ».
Quant à Elodie Coppola, aussi loin qu’elle se souvienne, « le dimanche a toujours été un jour de football ». Quand elle a voulu s’y mettre, à 16 ans, les trajets étaient bien longs entre Douarnenez [Finistère] et les rares autres clubs féminins.
« J’ai choisi l’arbitrage pour pouvoir me rapprocher de ce sport. Courir, me défouler. Et ce qui était un compromis est devenu une véritable passion. J’ai gravi les échelons et je m’éclate. »
Malgré les obstacles.

1. Les critiques : « Un argument pour masquer leurs propres lacunes »


Les arbitres français traînent la réputation d’être mauvais. Depuis 2001, aucun d’entre eux n’a arbitré de finale européenne. Aux JO de 2012, ils n’étaient même pas représentés. En Ligue 1, ils sont mis en cause toutes les semaines.
A l’automne dernier, le directeur sportif du PSG, Leonardo les avait dézingués après le match nul de son équipe à Montpellier (1-1) et l’expulsion du défenseur parisien, Mamadou Sakho, qui a fait débat :
« Les arbitres ne sont pas professionnels. »


Après le match Saint-Etienne-PSG (2-2) en mars dernier, Antony Gautier avait été sévèrement critiqué pour un penalty accordé au PSG et pour une faute oubliée sur le but stéphanois. Depuis, il a fait son mea culpa. Il « revendique le droit à l’erreur pour tous ».
« Quand un entraîneur fait un mauvais choix tactique ou qu’un joueur manque un penalty décisif, un arbitre ne va pas s’exprimer dessus.
Il faut être lucide : nous sommes des êtres humains. Souvent, après un match, quand des présidents, des entraîneurs ou des joueurs critiquent un arbitre, c’est parce que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu pour eux. C’est un argument pour masquer leurs lacunes. »
Antony Gautier ne pense pas que les comportements du foot professionnel influencent celui d’en bas, même s’il reconnaît le statut de « vitrine ».
Pour Nathanël Pitel en revanche, le lien est évident :
« Il n’est pas rare, lorsqu’on essaye de faire respecter certains points de règlement le dimanche après-midi que des joueurs me disent : “Regarde, eux ils le font en Ligue 1.”
Yann parle avec l’enthousiasme des nouveaux et juge que “la contestation et l’erreur font partie du métier”. Il relativise en se disant que sa décision fera toujours un déçu, puisqu’il y a deux camps, et glisse un tacle :
“Les joueurs font beaucoup plus d’erreurs, de surcroît sur des choses travaillées à l’entraînement.
On a par exemple critiqué l’expulsion de Rod Fanni lors de PSG-Marseille [le 31 octobre dernier]. Or, l’arbitre n’a fait qu’appliquer le règlement et c’est ce qu’on lui demande.”


2. Les médias : “La stigmatisation de l’arbitre permet de faire de l’audience”


C’est surtout l’impact des médias sur le public qui gêne les arbitres. Tous dénoncent les images montrées en boucle, au ralenti, sous tous les angles, qui, parfois, ne permettent même pas de trancher sur un plateau télévisé.

Elodie Coppola :
“A la mi-temps, il serait par exemple intéressant de passer trois images au public dans les conditions de l’arbitre. Et ensuite de voir qui a raison et qui a tort. Il y aurait des surprises.”
Les arbitres français sont accusés de vivre en vase clos et d’être arrogants. Certains consultants ont fait du dézingage d’arbitre une marque de fabrique. Antony Gautier y voit du marketing éditorial :
“Dans les médias, la stigmatisation de l’arbitre permet de faire de l’audience ou de vendre du papier. De faire du buzz, même quand nous faisons seulement appliquer le règlement et que les choses sont claires.”
“Nous sommes des personnes assez investies pour reconnaître nos erreurs”, juge l’arbitre professionnel. Après ses matches de première division féminine, Elodie Coppola les regarde en vidéo, pour progresser.

Et protéger. Elodie Coppola :
“Si l’on prend le match France-Espagne, les réactions des commentateurs suite à l’exclusion de Pogba étaient injustifiées. Ses deux fautes méritaient un jaune, puis un rouge.”
Est-ce qu’il faut attendre qu’un joueur soit blessé pour sanctionner ? Le but est de protéger l’intégrité physique. »


3. La violence : « Ca n’empêche pas les belles histoires »

La violence est souvent verbale. Des injures. Des menaces, du genre « on t’attend à la sortie ». Parfois, c’est pire : début avril, Nathanaël Pitel a été roué de coups sur un terrain. Un match de district, sans enjeu, où le plaisir est censé prévaloir, mais qui opposait des équipes réputées à problèmes.

Des joueurs se chauffent. Il intervient. Il est étranglé, mis à terre et frappé à la pommette. Il fait une crise d’épilepsie :
« On m’avait déjà agressé en 2010. On m’avait bousculé et attrapé à la gorge. C’était la journée du fair-play. »
Il a reçu le soutien de tout le monde. Une lettre de la FFF. Ça lui donne envie de continuer. « Et puis, les trois-quarts du temps, faut dire que ça se passe bien. »

Tout de même, la tension est palpable certains après-midis. Certains de ses collègues évitent de mettre des cartons le dimanche, par peur que ça dégénère.

En amateur, l’arbitre central est le seul officiel : ses assistants sont bénévoles. Et s’il refuse d’aller diriger un match qu’il sait tendu, il sera sanctionné.

Nathanaël recroise parfois des joueurs avec qui il a eu des « mots » :
« Un jour, un joueur m’a insulté, menacé. Il a pris six matches de suspension. Quand je le vois, c’est le premier à qui je dis bonjour.
Je trouve le contexte plus violent qu’avant, mais ça n’empêche pas les belles histoires et saluer le bon boulot des clubs dans leur majorité. Je vois par exemple des entraîneurs ne pas hésiter à sortir un joueur trop excité, avant même que j’intervienne. »
Le rôle des éducateurs revient forcément. Ce sont parfois eux qui jettent de l’huile sur le feu. Tous n’ont pas forcément les bases du métier ni l’esprit du jeu. 

 
Nicolas Rainville face aux joueurs de Saint-Etienne à Nancy en mai 2012 (Jean-Christophe Verhaegen/AFP)

Dans le foot féminin, « les valeurs sont plus saines », certifie Elodie Coppola. Et quand elle arbitre des hommes, le fait d’être une femme la protège :
« Une fois, j’ai vu un joueur sprinter vers moi et je me suis demandé où est ce qu’il allait s’arrêter. Mais ça n’est jamais allé plus loin. »
Elle remarque toutefois que les matches dans les divisions les plus basses sont plus saccadés. Le temps de jeu effectif est plus faible, donc les joueurs ont donc plus le temps de s’exprimer.
Chez les jeunes, Yann n’a eu qu’un seul souci en deux ans. Il entend parfois « certaines choses » venues des tribunes, mais ne s’en formalise pas.
Tous disent que plus de communication permettrait de changer les choses. Sur les arbitres « cow-boys », que les joueurs accusent d’allumer les mèches, ils esquivent la question ou restent flous. Antony Gautier :
« Les choses se passent forcément mieux dès lors qu’il y a de l’échange. Néanmoins, pour cela, il faut être deux et être prêt à écouter les arguments de l’autre. Parfois, les joueurs ne viennent pas pour discuter, mais pour directement contester une décision. »

4. La vidéo : « L’erreur fait partie du jeu »


En décembre dernier, lors de la Coupe du monde des clubs, la vidéo a été utilisée sur la ligne de but, pour savoir si le ballon la passait ou non. Le dispositif sera reconduit au Mondial 2014.
Pour l’instant, les instances ne vont pas plus loin, et ça convient tout à fait à Antony Gautier, qui défend la dimension humaine du football :
« Je ne suis pas pour la robotisation de l’arbitrage. Mais c’est ma dimension humaniste. L’arbitrage à cinq, par exemple, est un succès. La vidéo ne permettra pas de résoudre tous les conflits.
Cette idée est fausse. De nombreuses décisions, sur des points de réglement complexes, ne peuvent être prises qu’après une interprétation humaine, en l’occurrence celle de l’arbitre. L’erreur fait partie du jeu. »
Elodie Coppola est moins catégorique :
« La vidéo sur la ligne, oui. Mais l’utilisation des images de manière généralisée poserait un problème de temps. On se rend compte, déjà, que même avec plusieurs ralentis sur une action, le débat persiste.
L’image est aléatoire. Il y a les cadrages, la manière dont on la prend. Et ça n’aide pas forcément à prendre des décisions. »




Source : rue89.com