
Après 24 saisons d'activité dans le football régional et national, Didier Vincent a arbitré une toute dernière rencontre samedi soir à Lons.
En guise de jubilé, une affiche de gala entre Dijon et Grenoble (L2) dont il s'apprête à savourer la moindre action. « J'ai du mal à réaliser que ce seront mes derniers coups de sifflet » s'émeut le Lédonien, encore élu meilleur arbitre de Franche-Comté en juin dernier. « Il était temps de tourner la page, de passer à autre chose. J'ai toujours dit qu'il fallait laisser la place aux jeunes (rires). » Cela dit, s'il ne « sévira » plus sur les terrains la saison prochaine, il ne va pas quitter pour autant le monde de l'arbitrage. Dès la rentrée, Didier sera en effet missionné par la FFF pour observer ses pairs au niveau national.
« Ça faisait plusieurs années que je voulais passer la main. J'avais demandé à plusieurs reprises d'intégrer la cellule d'observateurs de la FFF mais ça ne marchait pas. Pour être honnête, je n'y croyais plus trop… Et puis, il y a quelques semaines, on m'a appelé pour m'apprendre la bonne nouvelle. J'étais super ému… Trois jours plus tôt, j'avais arbitré un match en DHR (Vesoul - Bethoncourt) sans savoir que c'était le dernier. Il y avait donc un peu de frustration car je n'avais pas pu profiter de mon dernier match. Par chance, on m'a proposé de faire mon jubilé à l'occasion de ce match de Ligue 2.
Désormais, je vais faire parti de la cellule d'observateurs de la FFF. Je superviserai les arbitres centraux dans l'Est de la France en CFA et CFA2. Ça consiste à évaluer les aptitudes de l'arbitre aussi bien sur le plan physique que psychologique, sans oublier sa technique, sa gestion humaine, etc. C'est une mission hyper intéressante et, en même temps, une grosse responsabilité. J'ai hâte d'y être en tout cas, d'apprendre cette nouvelle facette de l'arbitrage. Son meilleur souvenir
J'ai arbitré environ 900 matchs sur 24 saisons donc il n'est pas évident de retirer un point en particulier de toutes ces aventures. Disons qu'il y a eu des moments marquants, à forte dose émotionnelle, comme lorsque Michel Vautrot m'a remis mon écusson FFF en 1996. Il y a eu des matchs importants aussi comme une demi-finale CN2 en 1997 en tant qu'arbitre central, ou la finale de la coupe de Franche-Comté entre Morbier et Belfort en 2007.
C'est l'agression dont j'ai été victime évidemment (1). C'est le genre de chose que je ne souhaite à aucun arbitre. Dans mon « malheur », cette histoire avait eu le mérite de faire avancer les choses. La justice avait frappé fort en condamnant mon agresseur à plusieurs mois de prison ferme, et la Ligue de Franche-Comté avait multiplié les réunions pour endiguer la violence dans les stades. Depuis, ça s'est calmé. Touchons du bois.
Je suis ravi de finir par un tel match : c'est une belle affiche de Ligue 2, organisée par mon club, et beaucoup d'amis seront présents. Ce seront sans doute les 90 minutes les plus courtes de ma carrière (sourire). Je vais essayer de savourer, en espérant que ça se passe bien sur le terrain. C'est un match amical mais il faudra gérer tout ce beau monde car la reprise du championnat arrive et tout le monde va vouloir se montrer. »
Benoit Mouget
(1) : Le dimanche 29 avril 2007, Didier Vincent avait reçu un violent coup derrière la nuque à l'issue d'un match de PL entre Aiglepierre et le PS Dole-Crissey.






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