6 septembre 2011

"Être sérieux sans se prendre au sérieux

Grandvillars. C’est leur rentrée à eux. Les arbitres francs-comtois étaient réunis vendredi soir et samedi à Grandvillars pour un stage de reprise. Une sorte de lancement de la saison, même si la plupart d’entre eux avaient déjà foulé les pelouses les week-ends précédents.

Séance physique animé par Sébastien Moreira

Au menu de cette réunion, divers ateliers spécifiques coordonnés par le président de la commission régionale d’arbitrage Stéphane Moulin. Avec, pour professeurs, des arbitres de niveau fédéral, dont les « vitrines de la ligue » officiant en Ligue 1 que sont Sébastien Moreira et l’arbitre assistant Huseyin Ocak. « Les arbitres de ligue peuvent bénéficier de leurs conseils, c’est une vraie chance pour eux », insiste Stéphane Moulin, pointant du doigt un groupe s’exerçant à l’art, parfois délicat, du lever de drapeau pour signaler un hors-jeu. Sur une autre moitié de terrain du centre technique de football, la tendance est plutôt à l’appréciation du déplacement, pour « faire en sorte d’être le mieux placé pour pouvoir prendre la décision le plus appropriée ». Et ainsi éviter toute contestation déstabilisante.
Pour éviter une telle situation, Stéphane Moulin préconise de ne pas hésiter à « prendre ses responsabilités ». « Je trouve que des arbitres, notamment en DH, manquent de courage, en ce qui concerne la gestion du banc de touche », observe-t-il, invitant ses cadets à « davantage se faire respecter sur le terrain ». Car, note-t-il, le comportement du banc conditionne les réactions des joueurs. « Je ne dis pas de faire du zèle, mais… Il y a certains propos qu’il est anormal d’entendre depuis les tribunes, sans que son auteur soit sanctionné ». Le président de la CRA veut surtout réduire ces situations « trop récurrentes la saison dernière ».
Une politique partagée par Roland Coquard, présenté comme un chantre du fair-play par le secrétaire du CRA Philippe Prudhon. « Il semblerait qu’on est en train de se calmer sur les terrains », assure le président de la Ligue. « Il ne faut pas non plus être pessimiste. Les clubs sont en train de se rendre compte qu’on a de bons arbitres chez nous. Mais je sais aussi que vous avez un rôle difficile… »
Un rôle difficile et parfois ingrat qui ne doit, en aucun cas, annihiler le plaisir. « Un bon arbitre, c’est discrétion, efficacité, et rigueur. C’est tout ça réuni qui fait qu’on prend du plaisir », témoigne en conclusion Sébastien Moreira. « L’arbitrage, c’est être sérieux, sans se prendre au sérieux ». Lui assure qu’il a réussi sa carrière en suivant cette maxime. Devenant ainsi la vitrine de tous les arbitres régionaux réunis. « C’est vrai, on parle de moi. Mais si nous sommes la vitrine, c’est surtout le résultat du travail de la CRA et de la CDA ». Et le fruit d’initiatives tel que ce stage de Grandvillars.

Adrien VIGUIÉ

3 août 2011

Sébastien Moreira prône « le dialogue et le respect » en Ligue 1

Après avoir récemment arbitré les Sochaliens de Marvin Martin en amical, le Belfortain Sébastien Moreira va retrouver la Ligue 1 samedi pour Ajaccio - Toulouse.





Photo Lionel Vadam



Sébastien Moreira va lancer sa troisième saison d’arbitre en Ligue 1, samedi avec Ajaccio - Toulouse. Reconnu et loué pour son sens du dialogue sur le terrain, le Belfortain fait partie des arbitres qui montent dans le championnat de France.

C’est au club des Portugais de Belfort que ce natif de la cité du Lion a lancé sa carrière d’arbitre. Un club auquel il reste très attaché et où il compte de nombreux supporteurs. Son ascension dans l’arbitrage français, Sébastien Moreira (34 ans) la doit à son souci de dialoguer et de préserver cette valeur forte qu’est le respect, tout en balayant l’image de l’arbitre simple « gendarme ou flic » sur le terrain. Si son grand regret reste de n’avoir pas encore sifflé au stade Vélodrome, Sébastien Moreira va ouvrir le feu de la Ligue 1 avec ambition en Corse samedi soir, « mais sans appréhension », avoue ce chargé de communication à la Poste à Dijon.




Sébastien Moreira, comment aborde-t-on sa troisième saison en Ligue 1 ? Avec plus de sérénité ? De certitude ?


Disons que la première année, il est important de se faire connaître, de se faire un nom, de voir aussi si on a le niveau. Ensuite, lors de la seconde, il est indispensable de confirmer. De nombreux jeunes arbitres sont redescendus. Il y a une vraie compétition, un classement des arbitres chaque saison. Pour cette 3 e saison, je suis un peu plus serein, c’est vrai, car en toute humilité, les gens de la Ligue 1 me connaissent, savent quelle est ma manière de fonctionner.



Justement, globalement les joueurs de la Ligue 1 louent votre capacité à dialoguer. Ce qui n’est pas le cas de tous les arbitres auxquels ces mêmes joueurs reprochent souvent d’être un peu trop hautains et distants…


Je pars du principe que nous sommes tous partenaires. Le respect, le dialogue, c’est ma manière de fonctionner. Je n’ai jamais hésité, avant le match, à aller voir les joueurs pour discuter.
Je me suis servi des joueurs passés à Sochaux et qui sont dans d’autres équipes, par exemple, pour qu’ils soient des relais, comme Pitau ou Pedretti. Après, je fais confiance aux joueurs et je dialogue encore avec eux quand ils ont triché, ou n’ont pas été corrects. J’ai une anecdote avec Mignot l’Auxerrois (N.D.L.R. aujourd’hui Stéphanois). À trois minutes de la fin, j’avais accordé un corner qui n’existait pas à Auxerre face à Lens. Et Mignot a marqué, suite à ce corner. Il s’est ensuite étendu, sur Canal +, pour dire que j’avais eu tort de siffler ce corner. Je suis allé lui faire remarquer que c’était maladroit de sa part, pas correct. Il l’a reconnu. Aujourd’hui, il n’y a pas de problème entre nous. Et puis, quand je mets un carton, j’essaie d’expliquer pourquoi au joueur sur le terrain. Je n’exhibe pas le carton à sa face. Je ne suis pas une bête physique comme Clément Turpin qui court partout, alors j’arbitre avec mes atouts.



La pression est réelle sur les arbitres aujourd’hui. Tous les matches sont disséqués, seconde par seconde. Ressentez-vous cette pression ? Pèse-t-elle sur vous pendant un match ?


Franchement, sur le terrain, je ne me pose pas de questions par rapport à cela. Je reste naturel dans mon arbitrage. Mais c’est pénible, parfois, de voir de quelle manière sont présentées, commentées les erreurs. Nous ne sommes que des êtres humains. Bien sûr que nous faisons des fautes mais certains exagèrent à certains moments. Le jeu médiatique fait partie du football évidemment et l’arbitre reste une cible facile. Nous ne sommes pas pros mais semi-pros. Et pourtant, là, je sors de deux jours de stage à Clairefontaine et je peux vous dire que nous avons passé des tests physiques très poussés. Peut-être avons-nous nous aussi commis des erreurs de communication comme, par exemple, lors de la grève de mars. Mais globalement, l’arbitre ne doit plus, n’est plus perçu, je pense, comme un gendarme, un flic avec son sifflet.




Chaque avant-saison est l’occasion pour le corps arbitral de se réunir et de soulever l’attention sur certains gestes qui seront sanctionnés. Qu’en est-il cette saison ?


Il y a trois ou quatre ans, l’accent avait été mis sur les tirages de maillots. Il y a deux ans, c’étaient les mains dans la surface….
Cela avait prêté à discussion avec ces fameuses mains et bras collés au corps, un geste difficile à réaliser par les joueurs.
Oui, mais aujourd’hui cela semble rentré dans les mœurs. On voit beaucoup plus de joueurs sauter les bras dans le dos. Cette saison, il va surtout s’agir des « semelles ». Vous savez, ces pieds qui en écrasent un autre et qui sont extrêmement dangereux. On voit de plus en plus ce geste. Sinon, il n’y aura pas de grande nouveauté, si ce n’est une extrême vigilance sur les coups de coude ou autres gestes de la sorte. La saison dernière, il y a eu 4 % de cartons jaunes en moins. C’est la preuve qu’on maîtrise mieux le jeu. On va également pouvoir avoir une relation encore plus grande avec les entraîneurs car un protocole a été mis en place. On les verra une heure avant le coup d’envoi dans notre vestiaire, puis brièvement à la mi-temps et, enfin, un débriefing sera instauré juste après le coup de sifflet final et avant la conférence de presse.




Vous allez débuter samedi à Ajaccio, là où ce n’est pas toujours le plus facile d’arbitrer. Avez-vous une appréhension ?


Désormais, j’avoue, je n’ai plus d’appréhension à l’idée de me rendre dans un stade ou un autre. Je suis content que la Corse ait retrouvé un club en Ligue 1. Il y a là-bas une ambiance, un esprit qui se sont un peu perdus et que l’on retrouve un peu dans des clubs comme Saint-Étienne, Lens, où les gens ont vraiment l’amour du club. Ce sera le premier match, celui qui donne le ton de la saison. Je serai vigilant. Je sais qu’à Ajaccio, il peut toujours se passer quelque chose. Mais bon, je vous le répète, je n’ai aucune appréhension.


Propos recueillis par Gilles Santalucia

11 juillet 2011

Retour sur la soirée des trophées 2011

Voici le diaporama réalisé par Christian LEMONTEY, photographe du FC Sochaux, lors de la soirée des trophées 2011 :



24 juin 2011

Encore un 100% pour nos candidats

La semaine dernière nos 3 candidats JAF avaient été reçus à la théorie, il s'agit de : Maxime DOUGANJI, Damien LACROIX et Guillaume MENY.



Aujourd'hui, c'est au tour des candidats fédéraux d'avoir leurs résultats, la Franche-Comté avait présenté 3 candidats : Pierre-Marie BROBECK et Sanel HUSADZIC en F5, Alain CHAUTARD en Arbitre Assistant F3.



ENCORE UNE FOIS LES 3 CANDIDATS SONT RECUS !
Encore un 100% pour nos candidats franc-comtois, ils pourront donc passer la pratique la saison prochaine et peut-être décrocher l'écusson bleu-blanc-rouge en fin de saison prochaine !

FELICITATIONS A EUX ET AUX FORMATEURS qui ont effectué un gros travail !

20 juin 2011

Avec Clément Turpin, parrain de la soirée

« Juste l’instant présent »



Besançon. Humble, décontracté, tenue sobre, toujours souriant, un rien timide et surtout gêné par les éloges rendus, Clément Turpin, distingué il y a quelques jours par l’UNFP meilleur arbitre de L1 (avec Anthony Gautier), aura rayonné vendredi soir par sa classe naturelle et sa simplicité...


Sébastien Moreira et Clément Turpin, les deux copains de L1, couvés du regard par leurs prédécesseurs, Miche Vautrot et Stéphane Moulin.



À 28 ans, la distinction de l’UNFP a dû vous toucher ?


(Sourire…) Non arrêtez, je ne suis pas le meilleur arbitre de la L1. Ce prix récompense simplement les deux arbitres ayant dirigé les deux finales de coupe de la saison. Le meilleur reste sans conteste Stéphane Lannoy.



Tout de même, plus jeune arbitre de l’histoire de la L1 à 26 ans, UEFA un an après, plus jeune arbitre d’une finale de coupe, vous grillez les étapes…


Non car le propre de l’arbitrage c’est justement que l’on ne peut pas éviter un échelon. J’ai eu la chance de connaître une accession à chaque fois, mais je ne me prends pas la tête, je n’ai pas de plan de carrière. Ce n’est que du bonheur, du travail, beaucoup, et une remise en question permanente… Je profite de l’instant présent, je goûte mon plaisir au jour le jour.



Vous êtes le chouchou des médias, on vous décrit comme ‘’le gendre idéal’’, vous prenez ça comment ?


J’essaye de ne pas trop y faire attention. Aujourd’hui c’est ça, demain ça ne le sera peut-être plus. J’ai mes convictions, mes idées, je fais mon petit bonhomme de chemin…


La Champion's League, un rêve ?

Je ne suis pas un bon produit pour la presse là-dessus. J’ai beaucoup de chance de vivre ce que je vis à l’âge que j’ai. En demander plus serait indécent…



On est ici sur les terres de Michel Vautrot. Ça vous parle ?

Je ne l’ai pas connu énormément Michel. Ce que je sais, c’est qu’à chaque déplacement sur les rencontres UEFA, l’une des premières questions que les gens me posent, c’est ‘et comment va Michel ? Au fin fond de la Croatie, de la Grèce, de la Russie, c’est pareil. Et tout ce qu’on me dit de lui est grand, beau, extraordinaire. Quand je vois la passion avec laquelle les gens racontent Michel, je sais que c’est quelqu’un de grand. Le plus grand arbitre de tous les temps. Alors oui, je suis fier d’être là ce soir, c’est un honneur d’être à ses côtés comme parrain.

Recueilli par Damien ROSET

6e trophées de l’arbitrage

L’union fait la force


Besançon. Il y aurait tant de choses à dire avec ces arbitres. Toujours l’anecdote souriante à l’image du président d’honneur Michel Vautrot, orfèvre en la matière. Soudés, unis et passionnés...



Récipiendaires et majors réunis dans les salons pour une photo souriante de la grande famille des arbitres


Besançon. Il y aurait tant de choses à dire avec ces arbitres. Toujours l’anecdote souriante à l’image du président d’honneur Michel Vautrot, orfèvre en la matière. Soudés, unis et passionnés, fiers après un premier examen réussi ou émus et débordants de reconnaissance à l’heure de poser le sifflet, les hommes en noir francs-comtois toujours si haut en couleurs, ont eu chacun leur moment de gloire vendredi soir.
Quatre heures durant, l’amphithéâtre du siège administratif du Crédit Agricole à Besançon, partenaire privilégié tout comme La Poste ou les derniers cooptés par l’AFAF et la CRA, que sont les établissements Boulanger et 8e avenue de Besançon, soixante récipiendaires et majors se sont succédé sur scène et au micro, à l’appel des maîtres de cérémonie, l’inégalable Stéphane Moulin, président de la commission régionale de l’arbitrage et le très sélect Sébastien Moreira, président de l’AFAF. Le tout sous le regard pétillant de Clément Turpin (voir ci-contre), parrain bourguignon de cette 6e édition des trophées et valeur montante de l’arbitrage français, appelé dans les années à venir à de grandes destinées.
Et si les moments forts ne manquèrent pas on retiendra cette phrase lancée par Charly Monnier, aujourd’hui observateur des arbitres de la FFF : « L’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui grandit !» Un message d’optimisme aux arbitres trop souvent et injustement malmenés.


Damien ROSET